← Back to News
· Press Release

La Déclaration d'expertes et experts internationaux sur l'apartheid de genre sera lancée à l'occasion du cinquième anniversaire de la prise du pouvoir par les Talibans

Language: French

Le 5 août 2026

Des défenseur(e)s des droits humains annoncent, aujourd'hui, le lancement, le 13 août, de la Déclaration internationale sur l'apartheid de genre et ses conséquences destructrices. Cette Déclaration d'expert(e)s vise en particulier à soutenir les luttes que mènent les femmes et les filles afghanes contre l'oppression systématique exercée par les Talibans, laquelle n'a cessé de s'aggraver depuis leur retour au pouvoir, le 15 août 2021.

La Déclaration a été signée par 55 des plus éminent(e)s expert(e)s mondiaux en droit international et en droits humains des femmes, parmi lesquels d'importantes voix afghanes et sud-africaines, ainsi que des lauréat(e)s du prix Nobel, d'ancien(ne)s responsables et expert(e)s des Nations Unies et d'ancien(ne)s juges de certaines des plus hautes juridictions nationales et internationales du monde. Un événement de lancement en ligne aura lieu le 13 août (de 12 h à 13 h 30, heure de l'Est) ; il sera en anglais, gratuit et ouvert au public (lien d'inscription ci-dessous). La Déclaration est disponible en anglais, en farsi, en pachto et en français sur son site web dédié : www.genderapartheiddeclaration.org (opens in new tab).

Fruit d'un vaste processus de consultations mondiales mené pendant 18 mois, en partenariat, par des juristes internationaux et des défenseuses des droits des femmes afghanes — dont une réunion en présentiel à la Faculté de droit de l'Université du Michigan, en septembre 2025 — la Déclaration appelle à mettre fin à l'apartheid de genre en Afghanistan, ainsi qu'« à l'utilisation et au développement complets du droit international » pour y parvenir, notamment par la codification de l'interdiction de l'apartheid de genre dans la future Convention sur les crimes contre l'humanité et par une interprétation progressiste du droit international en vigueur, afin de répondre à cette grave menace contre les droits des femmes.

La société afghane, dans son ensemble, souffre sous le régime des Talibans, les citoyens étant confrontés simultanément à des crises politiques, sécuritaires, économiques, humanitaires et des droits humains. Toutefois, l'anniversaire du 15 août, date de la prise du pouvoir par les Talibans, est ressenti le plus durement par les femmes et les filles afghanes ; elles subissent, chaque jour, des violations flagrantes de leurs droits humains et des atteintes à leur dignité et poursuivent leur résistance, pendant que le monde détourne le regard. Récemment, des dizaines de femmes ont été arrêtées dans la ville de Hérat, pour de soi-disant infractions au code vestimentaire, et les manifestations qui ont suivi ont été réprimées avec brutalité. Le système de discrimination fondée sur le genre, institué par les Talibans, interdit aux filles de poursuivre leur scolarité au-delà de la sixième année, bannit les livres écrits par des femmes et les exclut de l'espace public et de la plupart des emplois. Par la surveillance, la violence pure et simple et de soi-disant lois, les femmes afghanes sont effacées de la société.

La Déclaration constitue une étape essentielle pour soutenir le plaidoyer des femmes en première ligne face aux systèmes d'oppression profondément enracinés ou émergents en Afghanistan et au-delà, tout en préservant leurs droits pour les générations futures en cette période de recul mondial. Alors que certains acteurs internationaux cherchent à normaliser les Talibans, la Déclaration dénonce toute complicité avec les auteurs de l'apartheid de genre et exige qu’ils répondent de leurs actes, ainsi que des réparations pour leurs victimes.

Le lancement se tiendra en ligne de 12 h à 13 h 30 (heure de l'Est), le jeudi 13 août et réunira des intervenantes et des intervenants d’Afghanistan, d’Afrique du Sud et du reste du monde. Il est organisé par la Faculté de droit de l'Université du Michigan et coparrainé par l'Afghan Institute for Strategic Studies, le Women and Children Research and Advocacy Network (WCRAN), le Network on the Elimination of Gender Apartheid (NEGA), le Network of Women Living Under Muslim Laws (WLUML), le Gilbert Global Justice & Human Rights Center de la Gould School of Law de l'Université de Californie du Sud, et le Women in International Law Interest Group de l'American Society of International Law. S’inscrire ici (opens in new tab).

Parmi les intervenantes et intervenants :

  • Présidence : Zubaida Akbar, éminente militante afghane des droits des femmes et de la société civile ;
  • Manizha Bakhtari, ambassadrice et représentante permanente de la République islamique d'Afghanistan à Vienne et auprès des organisations internationales, et ancienne cheffe de cabinet du ministère des Affaires étrangères d'Afghanistan ;
  • Zarqa Yaftali, fondatrice et directrice exécutive du Women and Children Research and Advocacy Network ;
  • Dr Davood Moradian, directeur général de l'Afghan Institute for Strategic Studies ;
  • Hannah Garry, professeure clinique de droit et directrice académique du Gilbert Global Justice & Human Rights Center, Gould School of Law de l'Université de Californie du Sud ; et
  • Karima Bennoune, professeure de droit, titulaire de la chaire Lewis M. Simes, Faculté de droit de l'Université du Michigan et ancienne Rapporteuse spéciale des Nations Unies dans le domaine des droits culturels (2015–2021).

L'événement comprendra également une allocution vidéo de Penelope Andrews, professeure de droit titulaire de la chaire John Marshall Harlan II et directrice du Racial Justice Project à la New York Law School et ancienne doyenne de la Faculté de droit de l'Université du Cap.

Contact :
Karima Bennoune
Professeure de droit, titulaire de la chaire Lewis M. Simes
Faculté de droit de l'Université du Michigan
karimab@umich.edu